À quoi ressemble les petites histoires de ma newsletter ?

Alors comme ça on aimerait voir à quoi peut bien ressembler une petite histoire sur les journées nationales, internationales et mondiales ?

Ne m’en dis pas plus !

Le 21 septembre dernier, à l’occasion de la journée internationale de la paix, j’ai envoyé la première édition de ma newsletter.

Alors, à toi qui es curieux, je te souhaite une bonne lecture.

En paix avec son échec

Une colombe entourée d'un cercle de flamme survole des montagnes.


          Je n’arrêterai jamais d’échouer…         
Ce furent les premiers mots de Marc lorsqu’il parvint, du haut de ses cinq ans, à construire une phrase à voix haute. Il n’avait jamais été le plus fort, le plus cool, le plus à l’aise… Non, Marc n’était rien de tout ça. Seulement une ombre évoluant dans la cour de son école, une tache dans le paysage de sa scolarité, une absence dans les couloirs de son entreprise.          
Marc s’était rendu à l’évidence, il était un homme simple, banal. Ni très beau, ni disgracieux. Ni un génie, ni un imbécile — même s’il lui arrivait de se poser la question. Ni introverti, ni totalement à l’aise de peur d’échouer, une énième fois.          
À l’école, les professeurs répétaient qu’il fallait trouver sa voie. Que tout le monde était doué pour quelque chose. Si, à cet âge, beaucoup d’élèves n’avaient pas encore détecté leurs potentiels, Marc connaissait déjà la réponse. Au plus profond de lui. Il était doué pour échouer. Peu importe ce qu’il désirait entreprendre, c’était un fiasco dès lors qu’il se mettait aux commandes.          
Pourtant, ce jeune homme, maintenant âgé d’une trentaine d’années, persistait. Il se relevait, tentait d’autres approches, changeait de cap s’il le fallait. Il n’abandonnait jamais, si bien que sa famille, malgré la tristesse de ne pas le voir réussir, admirait sa bravoure et sa détermination.          
Mais l’échec pleuvait tellement sur ce pauvre Marc que son moral perdait sa force, son envie, sa flamme.          
Le soir, lorsqu’il se regardait dans le miroir, les traits tirés par le onzième échec de la journée, il se répétait. 
— Que je ne parvienne pas à faire décoller mes sociétés, c’est une chose. Je n’ai peut-être pas l’âme d’un entrepreneur après tout. Mais ne pas réussir à marcher sans tomber, me garer sans rayer la voiture, commander une baguette, une simple baguette !          
Marc se laissa submerger par ses échecs pendant de nombreuses années.          
Un beau jour d’automne, sa famille tomba nez à nez avec une psychologue qui se vantait de pouvoir guérir tous les maux.          
Marc ne voyait pas d’intérêt à consulter cette professionnelle, mais l’insistance de ses proches le fit rapidement céder.          
Après de longues minutes à chercher l’entrée du cabinet, il s’assit sur un des fauteuils de la salle d’attente. Lorsqu’elle entra pour lui faire signe que la consultation pouvait démarrer, il eut un choc. 
— Bonjour Marc, installe-toi je t’en prie ! 
— Bon… Bonjour Sarah. Je vois que mes parents sont cachottiers. 
— Tu aurais pris rendez-vous sinon ?          
Marc détourna le regard. 
— Alors, dis-moi, qu’est-ce qu’il t’arrive ? 
— J’échoue constamment. Petit, je me disais qu’il était normal de ne pas réussir tout le temps. Après tout, nous sommes des êtres humains.          
Il attendit l’acquiescement de Sarah avant de poursuivre. 
— Plus les années passaient, plus je me rendais bien compte que j’échouais plus que la moyenne. Ma scolarité a été catastrophique, mon parcours professionnel un désastre. Quant à mon amour de jeunesse, tu sais déjà…
— Pourtant tu as toujours été doué. 
— Alors pourquoi je ne ré… réu… tu vois même ça je n’y arrive pas ! Je ne sortirais jamais de ce cauchemar…          
Il se prit la tête dans ses mains. Au fond, cela lui faisait du bien de parler, de lui parler. C’était ce qu’il aurait dû faire quinze ans auparavant avant de claquer la porte avec comme seule explication un petit mot disant : “Ma chérie, j’ai conscience que partir comme cela est horrible mais je sais que je vais tout rater, encore. Alors je préfère m’en aller et te laisser une chance de trouver quelqu’un qui t’offrira ce que je ne peux espérer. Je ne te demande pas de me pardonner, je ne le mérite pas. Construis-toi une belle vie et sois heureuse ! Peut-être qu’au moins, j’aurais eu le sentiment qu’il s’agissait là d’une première victoire. Je t’aime.”         
Sarah s’approcha de lui et lui releva la tête. 
— As-tu peur d’échouer ? 
— Comment ça ? 
— Est-ce que lorsque tu te retrouves devant une nouvelle situation ou une situation où tu as connu un échec, tu penses que tu vas irrémédiablement échouer ? 
— Bien sûr ! Comment pourrait-il en être autrement ? Je suis voué à ça ! 
— En es-tu certain ? 
— Evidemment. Il faut voir comment ça s’est fini nous deux…         
Dehors, l’orage grondait et la pluie s’abattait sur les passants. Sarah se leva et s’approcha de la fenêtre, puis elle fit signe à Marc de la rejoindre. 
— Tu vois, tout le monde vit l’échec différemment. Échouer n’est pas un tort, c’est une force. Est-ce que tu sais pourquoi ? 
— Non mais j’aimerais bien savoir en quoi mon malheur quotidien est une force. 
— Imagine que la pluie symbolise l’échec et regarde les différents passants en bas. Certains marchent tranquillement abrités sous leur grand parapluie. Ils ont conscience qu’ils peuvent échouer à tout moment, certains reçoivent même quelques gouttes d’échec mais pourtant ils avancent et prennent des décisions pour le limiter. 
— Et ceux qui s’abritent ? 
— Eux ont tout simplement déjà connu un lourd échec. Ils étaient trempés jusqu’aux os. Aujourd’hui, ils ne veulent plus revivre la même situation. Alors, ils prennent leur mal en patience et attendent que l’échec passe pour continuer leur trajet. 
— Ils sont un peu comme moi alors ? 
— Pas tout à fait. Tu es ici toi, lui répondit-elle en pointant du doigt un passant en pleine course de l’autre côté de la route. 
— Et qu’est-ce qu’il a de particulier celui-ci ?
— Il accepte l’échec et vit en harmonie avec. Ces personnes ont échoué tellement de fois qu’elles ne comptent même plus. Elles n’en n’ont pas envie non plus. Malgré toutes ces fois où elles sont tombées, elles continuent de foncer vers leur objectif. Rien ne peut les arrêter, ni les détourner. Elles iront jusqu’au bout, même si elles doivent tomber quarante fois. Elles se disent que la quarante et unième sera la bonne. 
— Je ne suis pas prêt à me prendre une pluie pareille ! 
— Reste dans l’imagination, Marc, reste dans l’imagination. Et dis-moi, maintenant, combien de fois es-tu tombé ?          
Ils reprirent leurs places initiales. 
— Trop de fois pour compter. 
— Et combien de fois t’es-tu relevé ?          
Marc marqua un silence qui fit sourire Sarah. 
— À peu près autant de fois…
— Pas un peu plus ? 
— Si tu insinues que venir ici est une manière de dire que je me suis relevé d’un nouvel échec alors oui, un peu plus…
— Et qu’en retires-tu ? 
— Que je vais probablement de nouveau échouer ! 
— Quoi d’autres ? 
— Que ce n’est finalement peut-être pas si grave…          
Sarah sourit. 
— Je vais te dire quelque chose Marc que j’aurais dû te dire il y a quinze ans. Tu es une personne formidable qui persévère encore et encore malgré tous les obstacles qui se présentent à elle. 
— Mais à quoi bon si finalement la finalité reste la même ? 
— Qu’est-ce qui te fais croire que ce sera toujours pareil ? Que tu ne vas pas réussir cette fois-ci ?
— L’habitude ! 
— Les habitudes se changent ! Si tu te conditionnes à échouer, tu échoueras, c’est un fait. Mais je suis sûr que tu peux aller au-delà. Tu es un battant Marc. Tu as appris à te relever malgré les blessures et tu l’as fait plus de fois que n’importe qui pourrait le supporter. Oui, l’échec est dur. L’échec fait mal, il nous terrasse et nous impose de rester à terre. Mais notre mental, pour peu qu’il soit aussi déterminé que le coureur sous la pluie, nous redresse encore et encore. L’échec ce n’est pas de se tromper, de trébucher, de rater. Non l’échec, c’est quand on abandonne ses rêves avant d’avoir tout essayé pour les accomplir. On a le droit de ne pas réussir, c’est même comme cela que l’on apprend, enfant. En tombant. Maintenant relève-toi Marc et bats-toi pour tes rêves ! 
— Merci Sarah. Est-ce qu’on se reverra ?          
Un nuage noir engloutissait lentement le décor. Sarah disparaissait peu à peu, happée par les profondeurs tandis que Marc, ne voulant pas la perdre une nouvelle fois, essaya d’agripper sa main. Une murmure s’éleva de la nuit. 
— Je serai toujours auprès de toi.          
Marc se réveilla en sursaut. Ce n’était qu’un rêve.          
Il jeta la bouteille à moitié vide au pied de son lit, rangea son appart et sortit prendre l’air. Une averse lui barrait la route. Marc sourit, sautilla pour s’échauffer et courut sous la pluie. L’humidité frigorifiait ses membres mais il se sentait vivant. Il s’était relevé après être resté à terre trop longtemps.          
Il passa les jours qui suivirent en famille.          
Et quelques années plus tard, parsemées maintes fois d’échecs, Marc présentait son entreprise lors d’une soirée à quelques autres invités. Au loin, adossée au bar, il vit un visage familier. Marc s’approcha. 
— Toujours le même cocktail pour accompagner tes soirées ?          
Sarah lui sourit. 
— Il n’y a rien de mieux que le mojito !          
Marc s’excusa platement pour son mot et ils discutèrent un long moment, comme deux amis qui ne s’étaient pas vus depuis trop longtemps.          
Il fit la paix avec l’échec et apprécia la saveur du reste de sa vie. 

FIN

J’espère que tu as aimé cette petite histoire sur la paix, plus particulièrement la paix intérieure.

J’essaie d’insérer dans ces petits récits non seulement un moment de détente mais aussi une clé de réflexion pour ton activité, ta vie privée… 

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